PARIS (AFP) - Les candidats à l'Elysée ont été prompts à signer le "pacte" pour l'environnement proposé il y a un mois par Nicolas Hulot, au faîte des sondages, mais sont soupçonnés, dans le camp des écologistes, de s'être ainsi donné à bon compte quitus des problèmes de la planète.
"On a trop l'habitude de ça: les associations interpellent les candidats, les candidats répondent toujours ce que les associations veulent entendre, et ça en reste là", a souligné mercredi à l'AFP le secrétaire national des Verts, Yann Wehrling.
L'animateur de télévision a lui-même dénoncé cette semaine le silence "consternant" de la classe politique, qui n'a pas compris, a-t-il dit, "qu'une majorité silencieuse de Français leur demande de se relever les manches sur ces enjeux-là".
Alors qu'une météo désaxée donne du retentissement à son cri d'alarme sur le réchauffement climatique, Nicolas Hulot a été crédité mardi par un sondage IFOP de 87% de bonnes opinions, explosant les records de popularité, même ceux de l'inamovible Bernard Kouchner.
Selon un sondage BVA mercredi, 70% voient en lui le meilleur candidat pour défendre les idées écologistes à la présidentielle (83% chez les sympathisants écologistes), contre 14% (8% chez les sympathisants) pour Dominique Voynet.
Le seul sondage l'incluant dans les intentions de vote, à la mi-novembre, l'a fait apparaître, à 10%, troisième rang derrière les locomotives Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, comme Jean-Marie Le Pen. M. Hulot prend un peu partout, mais davantage à gauche (7 points) qu'à droite (3 points).
L'animateur écologiste, qui n'annoncera pas sa décision avant janvier, continue à "croiser les doigts" pour ne pas postuler. Cependant, selon certains Verts qui lui parlent souvent, il y pense toujours sérieusement.
Certes, les candidats - de l'UDF François Bayrou à Marie-George Buffet (PCF)- se sont dépêchés de signer son "pacte écologique", avec quelque 150.000 autres personnes. Mais ni Ségolène Royal, ni Nicolas Sarkozy.
"Ca n'engage pas à grand chose, donc tout le monde va le signer", glissait cette semaine Corinne Lepage (Cap 21).
Et ce n'est pas allé beaucoup plus loin depuis un mois.
Dans la primaire socialiste, l'environnement a été à la portion congrue. Depuis qu'elle est candidate, Ségolène Royal s'est bornée à préconiser d'instaurer "une fiscalité écologique".
Dans sa longue intervention télévisée la semaine dernière, Nicolas Sarkozy, qui s'était prononcé en novembre pour une taxe carbone, n'a pas du tout parlé d'environnement.
Interrogés mercredi sur une candidature Hulot, plusieurs responsables UMP, tels Nadine Moreno ou Valérie Pécresse, ont simplement indiqué ne pas y croire.
Le socialiste Jean-Marc Ayrault a fait valoir que "le développement durable est une certaine conception de la civilisation dans laquelle la démocratie participative a tout à fait sa place".
Les Verts, qui ont le plus à perdre d'une candidature Hulot, ont continué à marteler leur message. Lors de leur congrès, Dominique Voynet a dénoncé "l'écologie light" de Nicolas Hulot.
Ce qui n'a pas empêché certains, comme le député européen Jean-Luc Bennahmias, de suggérer à la candidate, si Hulot franchit le pas, de s'aligner derrière lui.
